Le loup frappe dans l'Ain


Patricia Flochon
Terre de chez nous
Publié le 29 septembre 2003
Page 9

 

 


 

Le scénario catastrophe tant redouté depuis quelques années est en train de se tourner dans les montagnes de l'Ain. Depuis début juin, il semblerait qu'un loup ait déjà tué une soixantaine de brebis chez un éleveur d'Hotonnes.

Aucun intérêt écologique supérieur ne justifie l'introduction ou la protection des loups dans les trop petits espaces naturels français. Ces espaces ne sont ni le Grand Nord Canadien, ni la Sibérie, ni le Parc de Yellowstone. Simplement, le loup est devenu le symbole de la puissance du lobbyisme de quelques associations. Il est l'enjeu d'un conflit d'influence et le témoignage éclatant de la faiblesse des Administrations Nationales (agriculture, environnement) incapables de reconnaître que les problématiques environnementales majeures de ce pays ne passent pas par le sacrifice des moutons montagnards. Même si, trop légèrement, la France a signé la Convention de Berne, protégeant tous les prédateurs, le courage politique serait de reconnaître que pour le loup, c'est une erreur gravissime !", souligne régulièrement Denis Grosjean, Président du Syndicat Départemental des Éleveurs de Moutons de l'Ain et Vice-Président de la FNO (Fédération nationale ovine).

Une colère d'autant plus justifiée qu'il semble que ce soit bien un loup qui ait tué depuis début juin une soixantaine de brebis chez Bernard Dalin, éleveur à Hotonnes. "Nos brebis sont égorgées. Elles sont plus précisément prises entre la gorge et l'oreille. On les retrouve la trachée coupée et le ventre dévoré. À chaque attaque, une ou deux sont mangées entièrement", souligne l'éleveur.

Le responsable : un loup, aperçu par les représentants de l'ONC, de la DDA, et deux gendarmes dont le chef de la brigade de Brénod.
Compte tenu des fortes présomptions relatives à la nature de l'animal, aucun tir n'a donc été effectué. L'éleveur subit … et en arrive même à se demander quel sera l'avenir de son troupeau si aucune solution n'est pas trouvée rapidement.
Pour parer au plus pressé l'administration a décidé de financer la surveillance du troupeau par un aide berger (déjà en place) en attendant une décision du ministère de l'Environnement.


La FNO et l'Association de défense du Pastoralisme contre les Prédateurs entendent bien faire pression ces jours pour obtenir une réponse adaptée pour faire cesser cette tuerie. "On ne veut pas être des gardiens de zone", souligne encore Denis Grosjean. "On veut rester des éleveurs avant tout et continuer à produire une viande de qualité dans des conditions normales".

Des éleveurs qui ont aujourd'hui une boule à l'estomac aux vues du désastre qui se déroule à Hotonnes. En Isère et en Savoie, une vingtaine de loups auraient également été recensés.

Autre prédateur de taille : le lynx, sévit toujours. En 2001, il avait déjà tué environ 2 500 moutons dans le massif du Jura et dans l'Ain. Un chiffre qui se monterait à plus de 3 000 aujourd'hui. Un lynx qui sévit surtout dans le Revermont, le Massif de la Chartreuse, Cerdon et le Haut Jura.

 



 

 

 

 

 

 



 

 

 

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