LES VIEILLES MAISONS ONT UNE HISTOIRE

L'histoire de celle que nous vous proposons en location commence aux environs de 1650 et comprend deux évolutions importantes : l'une en 1781, l'autre en 1837. La maison, comme ses habitants successifs, furent très liés à l'église, et notamment à l'abbaye du Mont Sainte-Marie, à 5 km de Métabief, créée en 1199 et détruite à la révolution ( voir parmi les livres régionaux à disposition de nos locataires celui sur l'histoire de Métabief - pages 12 et 39 )

De la partie la plus ancienne, seule l'aile EST, côté église, est restée en l'état. Il s'agit d'une seule pièce, entièrement voûtée. La voûte est réalisée avec des pierres en forme de coins, posées debout et liées à la chaux.
Elle ne comportait à l'origine que des petites fenêtres munies de barreaux. Celle de la façade SUD en possède encore. Elle est la seule à avoir une tablette extérieure en pierre. La grande fenêtre de cette façade a été ouverte plus tard, et c'est sans doute à cette occasion que la petite fenêtre au ras du jardin a été bouchée ainsi que la porte principale qui donnait sur la rue.
Nous ne possédons aucun document familial du XVII° siècle. C'est donc à partir de l'histoire de Métabief, de l'observation de l'architecture et des matériaux et des possibilités de la géobiologie que nous pouvons en cerner l'origine.

 

 

LA FERME DES GRANGIERS
Une ferme comtoise pour des vacances 'nature' à Métabief

(
répertoriée à l'inventaire général du patrimoine)

 

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Philippe PAILLARD, notre ancêtre le plus éloigné en l'état actuel de nos recherches, était en 1673 amodiateur (locataire) de l'ancien moulin de la Commune. A cette époque, le village comptait 24 feux, c'est à dire 24 familles, soit environ 200 habitants. Le moulin se trouvait sur l'emplacement de l'actuel Musée de la Meunerie. Il avait été construit au XIII° ou XIV° siècle par Jean de Chalon, puis cédé en 1337 aux moines de l'abbaye du Mont Ste-Marie

 

 

 

L'ensemble, daté du milieu du XVII° siècle, devait être une grange à dîme. A l'époque, le prince d'Orange, seigneur de Jougne (à 4 km de Métabief), possédait une maison forte à Métabief, construite en 1538 et qui fut toujours appelé "le château" par les habitants. Cette maison, voisine de la nôtre, fut détruite par un incendie en 1972. Comme elle possédait une pièce identique et que les archives des propriétaires mentionnent l'existence d'une grange à dîme, il ne fait guère de doute que ces deux locaux avaient la même fonction. La nôtre, construite une centaine d'années plus tard, était sans doute une annexe rendue nécessaire par l'extension de la population et l'augmentation du volume de céréales prélevées sur les habitants.

 


C'est de l'abbaye que lui, ou l'un de ses descendants, a ramené deux petites têtes de colonnes, en forme de quilles, (l'une est exposée dans l'appartement ) qui ont la particularité d'avoir été sculptées dans de la "limonite de Métabief", minerai de fer qui était exploité sur les flancs du Mont d'Or, de façon certaine depuis le début du XVI° siècle jusqu'au milieu du XIX° (voir histoire de Métabief, page 15).
Il faut dire que s'il était lui-même lié aux moines de l'abbaye du Mont Sainte-Marie pour la location du moulin, ses frères puis plusieurs de ses descendants étaient "grangiers" pour le compte de ces religieux. La règle cistercienne qui était observée à l'abbaye permettait l'exploitation de granges sur les terres lui appartenant. Et les paysans qui habitaient les granges, exploitaient les champs et élevaient les bêtes s'appelaient les "grangiers"

 

 

Les actes d'Etat-civil nous ont permis d'en retrouver la trace sur les fermes de Beauregard, Grange Neuve, Derrière le Mont et Monrainssant, soit les 4 fermes des terres entourant l'abbaye. Cette situation n'est pas extraordinaire car le "château", comme le moulin, bien qu'ayant été construits par les seigneurs de CHALON-ARLAY, ont été cédés rapidement aux moines de Mont Sainte-Marie et ce sont sans doute des relations de bon voisinage entre les habitants du château et nos ancêtres qui ont favorisé l'implantation des membres de notre famille sur les terres des religieux.


Pierre Baptiste PAILLARD, né en 1715, est le premier à nous laisser des écrits sous la forme d'un relevé de ses biens immeubles. La maison (le bâtiment entier, car ce n'est qu'au début du XX° siècle que la moitié OUEST a été vendue) était estimée à 3.000 F de l'époque et le clos avec le jardin attenant à 1.955 F.

 

 

 

 

 

C'est lui qui dû prendre la décision de transformer une première fois la maison et notamment de construire la cheminée de la cuisine. La plaque en fonte de la cheminée porte la date de 1781. Les autres aménagements sont typiques des fermes comtoises de cette époque, bien qu'il manque aujourd'hui un élément essentiel : le four à pain, qui fut démoli en 1965 pour créer les sanitaires. Le pain cuit au four à pain familial avait la réputation de garder sa fraîcheur très longtemps. C'est ainsi que nous avons une lettre datée du 19 mai 1928 dans laquelle notre arrière-grand-mère, qui vivait ici avec sa fille restée célibataire, écrivait à l'une de ses enfants : "nous avons été malades, une petite miche de pain nous a duré quinze jours".
Sous la poutre de la cheminée on peut voir l'emplacement du pivot de la potence qui permettait de suspendre la marmite sur le feu, fait à même le sol. Une encoche permettait de bloquer sa position. Il n'y avait bien sûr aucun plafond entre la poutre et le mur. Depuis le sol on voyait le ciel par la cheminée. Le volume de la hotte permettait d'y suspendre les viandes et charcuteries pour les fumer. ( Les bêtes étaient tuées à la ferme. Les deux boucles qui se trouvent sous la voûte de la porte de la grange permettaient de pendre les vaches pour les découper ).
La cuisine était une pièce de travail, et c'est à ce titre que chacun y entrait sans frapper; les poules aussi d'ailleurs, qui venaient picorer les miettes sous la table.

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1826, Joseph Victor BOURGEOIS épouse une fille de la maison et s'y installe.
Onze ans plus tard, il entreprend la transformation de l'écurie (la chaufferie actuelle) et de l'entrée dont le linteau porte ses initiales et la date des travaux : 1837.

L'appartement ne commençait vraiment qu'avec le poële et son alcôve (voir le livre BARBIZIER, revue régionale d'ethnologie franc-comtoise - page 342 et 355). Le poële était la pièce principale "privée" de l'appartement. Son nom provient du fait qu'elle possédait un fourneau pour compléter le chauffage donné par la partie postérieure de la plaque de cheminée (les portes basses du placard n'existaient pas). C'est là que se passaient les veillées, longues soirées d'hiver au cours desquelles les voisins se retrouvaient pour discuter tout en s'adonnant à de petits travaux ménagers.
L'alcôve, c'est le renfoncement où nous avons installé le convertible. C'est là que se trouvait le lit des parents. Elle était fermée pendant la journée par deux portes pleines. Sa dimension ne tient pas au fait que les habitants étaient de petites tailles mais parce que les gens dormaient dans une position mi-assise mi-couchée.

 

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Plus tard, un fourneau à 4 marmites fut installé et un plafond en briques fut contruit pour fermer la cheminée. La porte, à droite de la plaque de cheminée, dont l'encadrement est en pierres de taille, fut condamnée du côté du séjour et, du côté du four à pain, dans l'espace disponible correspondant à l'épaisseur du mur, on a installé une marmite et comblé les vides avec de la terre en guise d'isolant. Cette marmite servait à la fabrication du charbon de bois. Les braises sorties du four à pain étaient étouffées dans la marmite grâce à son couvercle en fonte. Le charbon de bois qui en résultait était destiné à alimenter les fers à repasser.

 

Son nom est particulièrement attaché à l'évolution de la paroisse. En effet, par un acte notarié du 24 mai 1839, il décide avec son épouse de faire don à la Commune du terrain nécessaire à la construction de l'église afin de remplacer la première chapelle construite en 1719 à l'intérieur même du cimetière. Cette donation fut acceptée par la Commune par un acte du 28 août 1843.

Mais quelques années plus tard c'est l'époque trouble de la "petite révolution" et de la II° république. Les idées nouvelles arrivent dans le Haut-Doubs, ainsi que l'alcoolisme et un relâchement des moeurs (voir Le Curé et l'Ivrogne, page 65 et suivantes). Quelques meneurs refusent l'autorité des prêtres et incitent les jeunes à la révolte. A Métabief, le prêtre est victime de leur acharnement et se voit contraint de quitter le village. L'église est fermée début Novembre 1852.
Les pratiquants ne manquèrent cependant pas de ressources. Joseph Victor BOURGEOIS proposa d'utiliser sa grange à dîme pour y réunir les habitants qui voulaient prier. Cette pièce, par sa voûte, n'est en effet pas sans évoquer l'intérieur d'une chapelle.


 

La vierge témoigne de l'attache-ment de la Franche-Comté au culte de Marie.
Il faut dire que l'Eglise a fortement contribué à cela afin de faire opposition au protestantisme qui se développait juste de l'autre côté de la frontière. En effet, au XVI° siècle, la Réforme était conduite par Calvin, installé à Genève. Son action pour diffuser sa doctrine par les livres fit d'ailleurs de Genève la première ville d'Europe en matière d'imprimerie.

 

A l'intérieur de la vitrine, deux paires de vases de mariés du XIX° siècle rappellent une coutume aujourd'hui disparue. Ces vases offerts aux mariés étaient déposés au pied de la Vierge afin qu'elle protège les nouveaux ménages.


 

Il fit tailler un bénitier qui fut scellé dans la cuisine à gauche de la fenêtre. C'est sans doute par souci de discrétion qu'il fut placé là et non pas à la porte principale de l'époque, qui était visible de la rue. Sans doute pour cacher à l'autre parti l'objet des nombreuses visites qu'il eut à cette époque. Il porte un calice gravé sur une face latérale et les initiales JVB sur la face avant.
Nous l'avons réinstallé sur la façade principale où il retrouvera toute sa signification lorsqu'on nous aurons rouvert la porte qui existait à l'origine.

 

 

 

Pour terminer, voici deux anecdotes "météorologiques" glanées dans la correspondance familiale écrites ici par notre arrière grand-mère :
10 Décembre 1927 : "Nous jouissons d'un temps magnifique, les marguerites et les bleuets poussent dans les champs comme au mois d'Avril"
28 mars 1931 : "Nous avons encore beaucoup de neige. Nous avons acheté des choux printaniers mais il a fallu qu'Anna pioche la neige et qu'elle la jette en dehors du jardin pour la faire fondre, pour ressuyer le terrain et pouvoir les planter".

 

Si vous aller à Chapelle des Bois, ne manquez pas la visite de l'écomusée MICHAUD. Vous aurez l'occasion de visiter une ferme comtoise entièrement restaurée et meublée, renfermant une grande quantité de matériel domestique et agricole.
Vous remarquerez notamment que la façade principale, côté rue, est exactement la même que la nôtre (fenêtre, porte d'entrée, porte d'écurie, etc..)

A Bonnevaux (à 14 km de Métabief en direction de Frasne) vous pouvez également visiter "La Pastorale", ferme comtoise plus récente mais tout à fait typique également et dont le propriétaire qui guide les visites a des connaissances étendues sur le sujet ainsi que des commentaires passionnants. (Visites le Dimanche à 15 h30 et 16 h30 )

 

 


 

 

 

Plus près de nous, une autre forme de résistance, profane celle-ci, nous est rapportée par une "soumission-transaction" du service contentieux des douanes, daté du 24 novembre 1908. Il s'agit d'une amende infligée à Eugène BOURGEOIS, fils du précédent.
A l'occasion d'un recensement du bétail, un brigadier des douanes et son préposé constatèrent qu'un veau de 2 mois ½ n'avait pas été déclaré et rédigèrent un rapport pour indiquer que "le sieur BOURGEOIS n'a pu présenter aucune pièce de douane justifiant la présence dans son écurie de ce veau d'environ 70 kilos. Pour suspendre les suites contentieuses et judiciaires, le sieur BOURGEOIS accepta de régler immédiatement la somme de 13 F 08 ".

Comme nous l'avons dit plus haut, l'écurie, c'est la pièce où nous avons installé la chaufferie et la machine à laver. Des bêtes sont restées là jusqu'en 1960. La première place, près de la porte, a toujours été celle du cheval. Parce que c'était le premier à quitter l'écurie et le dernier à y revenir. C'était partout comme cela. Ensuite il y avait les vaches et au fond les veaux et deux chèvres. En tout une dizaine d'animaux, pas plus. Le foin était donné par les crèches qui s'ouvrent depuis la grange.

Dans la crèche du cheval, nous avons laissé son collier et quelques outils. Il y a une massette à casser les cailloux (ce sont les chômeurs des mines de fer de Métabief, fermées au milieu du XIX° siècle, qui ont empierré les chemins de la commune) et des clous en fer forgé, fabriqués à la forge de la maison, comme ceux qui ont servi pour la porte de la grange.

 

 

L'électricité fut installé dans la maison en 1906. Le réseau a été créé à partir de 1898 par un syndicat intercommunal qui avait construit une turbine dans les Gorges du Fourperet (entre Rochejean et Labergement Ste-Marie). Ce syndicat existe encore aujourd'hui et les habitants n'ont donc aucune relation avec EDF bien que 90 % de l'énergie soient maintenant achetés par le Syndicat à EDF, l'installation du Fourperet étant incapable de produire l'électricité nécessaire pour toutes les nouvelles habitations principales et touristiques.

Les premières conduites d'eau datent également du début du siècle. L'installation de l'eau dans la maison a été réalisée en novembre 1904 par les Ets Félicien SIBUT de Grenoble pour un coût de 16,20 francs. La pierre d'évier était dans l'épaisseur du mur devant la fenêtre de la cuisine. En hiver, on ne fermait pas complètement le robinet. L'eau coulait en permanence et cela lui évitait de geler (d'où le nom usuel d'eau 'courante').

L'électricité fut installé dans la maison en 1906. Le réseau a été créé à partir de 1898 par un syndicat intercommunal qui avait construit une turbine dans les Gorges du Fourperet (entre Rochejean et Labergement Ste-Marie). Ce syndicat existe encore aujourd'hui et les habitants n'ont donc aucune relation avec EDF bien que 90 % de l'énergie soient maintenant achetés par le Syndicat à EDF, l'installation du Fourperet étant incapable de produire l'électricité nécessaire pour toutes les nouvelles habitations principales et touristiques.

Les premières conduites d'eau datent également du début du siècle. L'installation de l'eau dans la maison a été réalisée en novembre 1904 par les Ets Félicien SIBUT de Grenoble pour un coût de 16,20 francs. La pierre d'évier était dans l'épaisseur du mur devant la fenêtre de la cuisine. En hiver, on ne fermait pas complètement le robinet. L'eau coulait en permanence et cela lui évitait de geler.

 

A ce même emplacement, il est probable qu'avant l'évier existait un "potager", c'est à dire un grill rudimentaire qui consistait en deux trous surmontés de deux grilles pour permettre d'y poser les casseroles. Des braises prélevées au feu de la cheminée étaient placées dans les trous et permettaient aux femmes de la maison de cuisiner à une hauteur confortable. Ce n'est qu'en démontant le mur que l'on pourrait vérifier l'existence de ce potager, système de cuisson intermédiaire entre la cuisine au-dessus du feu de la cheminée et le fourneau qui ne s'est répandu dans les ménages que dans la deuxième moitié du XVIII° siècle.