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LE MONT D'OR (1.463 m)

  1. Une montagne à vaches
  2. Itinéraire de promenade
  3. Itinéraire de randonnée sportive
  4. Le Mont d'Or dans la littérature

Jean GACONNET
La Jaique - Mémoires d'un médecin de montagne
Editions PRESSES DU BELVEDERE - août 2006
... Cette année là l'hiver était particulièrement rigoureux et, ce jour précis, les conditions météorologiques n'étaient pas fameuses. Le ciel gris et les nuages cachaient les sommets. Il tombait une neige mouillée qui rendait les routes encore plus dangereuses et transformait peu à peu les pistes de ski en pataugeoires. Aussi, l'appel qui me parvint en fin de matinée ne me combla-t'il pas de joie. Je devais me rendre au chalet du Club Alpin Français situé sur le Mont d'Or pour y examiner un enfant d'une collectivité qui y séjournait. Le seul accès possible était représenté par le télébenne, puisque la route d'accès habituelle n'était pas ouverte. L'ancien médecin de Jougne, le Docteur CHARLIN, avait eu en son temps les honneurs de la presse pour avoir réalisé ce genre de visites et par les mêmes moyens. Rassuré par l'expérience de mon confrère, je me présentai donc au guichet du télébenne où l'on m'attendait et où l'on me mit une couverture sur les épaules pour me protéger du froid et de la neige. Il me fallut sauter en marche sur la plate-forme à deux places et fermée en avant par une simple barre munie d'un verrou. Il n'y avait pas de siège bien sûr, et le perchman m'avait bien indiqué l'endroit précis où je devais sauter, pour marcher ensuite jusqu'au chalet, heureusement peu éloigné du remonte-pente. Tout se déroula comme prévu et, une fois la nacelle abandonnée, je me retrouvai sur une neige damée, ne nécessitant pas l'utilisation de raquettes ou de skis, que de toute façon je n'avais pas emmenés. Je repérai facilement le chemin d'accès à la maison située hors-piste et l'empruntai aussitôt, en enfonçant dans la neige jusqu'à mi-tibia...

Yves PACCALET
Le bonheur en marchant

Editions JC Lattès - octobre 2000
... Je repars vers le haut. J'escalade l'arête finale du Mont d' Or - une longue pente douce, au bord de laquelle le vent sculpte une corniche épaisse qui ressemble à un tsunami figé. Je lève les yeux au ciel. Je les abaisse vers l'horizon oriental - côté suisse. Une mer de nuages s'étend sur la vallée et le lac de Joux, le lac de Neuchâtel et le Léman. Les sommets des Alpes émergent à l'horizon, tel un continent blanc de rêve. Une Ultima Thulé pour Pythéas de Marseille. Une Antarctide pour Arthur Gordon Pym. Je contemple le moutonnement des Alpes Bernoises - la Blümlisalp, l'Eiger et la Jungfrau. Au sud-est, les Alpes du Valais, le Mont Rose et le Cervin. Au sud, la frise fabuleuse du Mont Blanc.
Je tombe dans cette sorte de bonheur quasi cataleptique qui marque chacune de mes arrivées sur les cimes, et la découverte des panoramas qui se révèlent.
Le Mont d'Or - 1.460 m - n'est pas bien haut, mais c'est une élévation du monde.
J'ai marché jusqu'à cette éminence par la magie de mes astragales et de mes fessiers, des cornes motrices de ma moelle épinière et de mes neurotransmetteurs. Pour satisfaire les centres de récompense de mon encéphale.
J'ignore si ma vie a un sens. Mais ma marche a un but. Mettre un pied devant l'autre. Et recommencer jusqu'à ce que joie s'ensuive...

Avez-vous quelquefois, calme et silencieux,
Monté sur la montagne, en présence des cieux?

Victor Hugo - les feuilles d'automne

LA FERME DES GRANGIERS
Une ferme comtoise pour des vacances 'nature' à Métabief

(
répertoriée à l'inventaire général du patrimoine)

 

 

 

 

 

Le Mont d'Or est une montagne à vaches, certes. Mais entre le fond du vallon du Vaubillon et le sommet, lorsque l'on franchit la crête sommitale après avoir remonté les pentes de Piquemiette et assuré chacun de ses pas dans le sentier du four, quand l'horizon s'est suffisamment élargi pour découvrir le tiers de l'arc alpin, on peut dire comme Yves PACCALET, dans son livre 'Le bonheur en marchant' :
" Le' Mont d'Or n'est pas bien haut, mais c'est une élévation du monde."

Et cette ascension maintes fois répétée, les variantes multipliées pour visiter tous les recoins du massif, les gens rencontrés, sont autant d'occasion de comprendre le pays et de se mettre en harmonie avec lui.

Un berger racontera qu'à l'automne il regrette de n'avoir fait qu'arpenter son pâturage tout l'été, mais que chaque printemps le trouve à guetter avec impatience le jour du retour sur sa montagne.

Les bûcherons reconnaissent la pénibilité du travail dans des pentes souvent raides mais louent le ravissement des pauses sur les crêts, dans la senteur de la sève des sapins façonnés, avec la compagnie fréquente des chevreuils qui passent à la lisière même de leurs coupes et devant les yeux les vallonnements vaporeux des anticlinaux si typiques du relief jurassien.

Pas une personne de rencontre qui ne dise la chance d'être là, qui se plaise à expliquer les arbres paratonnerres protégeant les fermes, les sapins espagnols, tricentenaires, écimés dans leur jeunesse afin de devenir des arbres candélabres propices à l'abri des troupeaux, qui vous rappelle l'exploitation de la limonite de Métabief, minerai de fer qui affleure au pied de la Renversée et dont les galeries d'extraction, abandonnées depuis 150 ans, sont maintenant recherchées par quelques passionnés désirant faire revivre ce passé oublié.

La randonnée qui vous est proposée commence devant la mairie de Métabief. Le parcours fait le tour complet des falaises du Mont d'Or. Il se décline en deux variantes selon que vous serez promeneur ou randonneur expérimenté.
La première variante suit le balisage jaune et bleu et fait une large boucle par la Suisse afin de contourner les falaises par la gauche. La seconde, une fois arrivé au hameau des Tavins… c'est tout droit. Plus court mais bien plus raide. Il n'y a ni balisage ni aménagements. La dernière partie a un caractère alpin. Elle nécessite de faire très attention.

 

 

 

 


 

 

 

1 - de Métabief aux Tavins - 2 h 00
Depuis la mairie de Métabief, remonter toute la rue du Télésiège (entre l'église et le cimetière) jusqu'au parking de la station. Prendre le chemin du Pouillet, à gauche sous l'enseigne METASKI et aller tout droit jusqu'au bout pour entrer dans la pâture du Pouillet. Continuer tout droit en direction du Mont Ramey. Après une petite montée en forêt le sentier est à peu près plat jusqu'à ce qu'il en rejoigne un autre qu'il faut prendre par la gauche pour sortir de la forêt. La cabane sur le bord du chemin marque l'arrivée au Mont Ramey.
Continuer tout droit jusqu'au pylône électrique, prendre à gauche et 50 m plus loin à droite un petit sentier qui borde les champs du Mont Ramey en suivant la crête du Vaubillon. Aller tout au bout de la crête (environ 2 km de sentier, très belle vue sur les falaises du Mont d'Or) puis continuer tout droit pour descendre sur Les Tavins (une pancarte indique "La Redoute - Ruines" mais il ne reste que quelques pierres pour indiquer qu'à cet endroit un fort a été commencé en 1793 sur ordre de la Convention, puis repris par Napoléon 1er en 1814, mais jamais terminé.
Le sentier descend fortement. Par moment il est quasiment bouché par les buissons mais il n'y a aucune difficulté pour retrouver le chemin caillouteux qui vous amène sur le petit parking des Tavins, à la sortie du vallon du Vaubillon.

 

 

 

C'est ici que les deux itinéraires vont se séparer.

 

Itinéraire de promenade -

- 2 - des Tavins au Mont d'Or - 2 heures
Depuis le parking, il faut remonter la rue de la Piquemiette en direction du Mont d'Or. Vous apercevez rapidement les falaises, au-dessus desquelles vous serez 2 à 3 heures plus tard. Suivre la route jusqu'au chalet-restaurant de la Piquemiette.

Continuer la route (qui n'est plus goudronnée) jusqu'à un grand virage à droite où il faut la quitter pour le sentier juste en face (avant de l'emprunter, il est possible de profiter d'un beau coin pique-nique en suivant 50 m le sentier du milieu, (source du creux Soudet.). Revenir ensuite prendre le sentier indiqué.
Après avoir repris votre parcours, rester à gauche (toujours balisage jaune et bleu) et franchir la frontière dans la forêt.

 

 

Sur le mur frontière, à gauche du chemin, une borne bien visible (n° 67) porte les emblèmes français (lys royal -1649) et suisse (canton de Vaud). Pour garantir l'emplacement de la borne, une brique était partagée en deux et chaque pays enterrait une moitié sur son territoire, à une distance convenue.
Un peu avant, sur votre droite, vous pourrez remarquer une ancienne tranchée, longue d'une douzaine de mètres, perpendiculaire à votre chemin. Il s'agit d'un vestige d'une exploitation minière dont le puits d'entrée se trouve dans son prolongement, sur le premier replat, environ 50 mètres plus haut.

 

 

Le sentier remonte fortement pour sortir dans la pâture de Pralioux-dessous (un sommet apparaît à gauche : la 'dent de Vaulion' 1.482 m). Remonter la pâture, passer à côté de la citerne (le toit en 'V' permet de n'utiliser qu'un seul chéneau. Le réservoir enterré alimente l'abreuvoir situé un peu plus bas pour permettre son remplissage par gravité) puis, en tirant à gauche, franchir la barrière par l'échelle prévue pour cela. Prendre à gauche et après une courte descente remonter la route forestière, toujours en direction du Mont d'Or. A la faveur d'une éclaircie de la forêt il est possible d'apercevoir Vallorbe au fond de la vallée. Ce versant étant orienté Sud, vous remarquerez que la forêt est à dominante feuillue, contrairement au versant Nord.

 

En parvenant à l'alpage de " Pralioux-dessus ", aller jusqu'à la ferme puis remonter le goulet à droite. Il vous permet de parvenir au mur frontière à proximité du refuge du Club Alpin Suisse et, en prenant à droite, de remonter le long des falaises jusqu'au sommet de "la Grande Alpe", ou encore "Les Roches Rousses", noms que portait le Mont d'Or au moyen âge.

 

 

Par temps clair, un panorama à 360° embrasse tous les sommets et les vallées avoisinantes, le lac Léman, celui de Joux et de Remoray, ainsi que 300 km de la chaîne des Alpes, du Titlis autrichien jusqu'à l'Oisans.
En été, les gentianes de Koch sont fréquentes ainsi que les petites orchidées et les lys martagon. Ces fleurs sont toutes protégées. Il faut bien entendu s'abstenir de les cueillir.
La falaise est le domaine des faucons crécerelles et des grands corbeaux.. Dans les pâtures sommitales, de nombreuses alouettes font leurs nids à même le sol. Le mâle ne manquera pas de siffler son très beau et long chant, en vol stationnaire au-dessus de vos têtes.

 

 

- 3 - du Mont d'Or à Métabief - 2 heures
Continuer à longer la crête des falaises du Mont d'Or en direction du sommet du Morond où vous verrez l'arrivée du télésiège. Sur votre gauche, plusieurs emplacements qui ne laissent voir de prime abord que des pierres jetées là en vrac, sont en fait les restes des cabanes de faucheurs utilisées jusqu'à la fin du XIX° siècle.En s'approchant vous trouverez effectivement les bases des murs en pierres sèches. Certaines contenaient des caches pour la contrebande. Tous les prés du sommet du Mont d'Or ont été fauchés jusque vers 1950, mais les cabanes ont été abandonnées dès que l'amélioration des moyens de locomotion a permis aux faucheurs de redescendre au village chaque soir.
Remonter par le GR5 (balisage blanc et rouge) jusqu'à la gare du Télésiège et, à partir de la table d'orientation, descendre le sentier d'interprétation du Morond (8 panneaux éducatifs) en suivant son balisage spécifique (flèches en bois). Il longe plus ou moins la ligne du télésiège du Morond et vous ramène à votre point de départ.

 

- Itinéraire de randonnée sportive -
Depuis le parking des Tavins, remonter la rue de la Piquemiette seulement jusqu'au ruisseau qui traverse sous la route dès l'entrée dans la forêt.. Quitter la route et rejoindre le ruisseau, au fond d'un ravin très encaissé. Il faut remonter le ruisseau entièrement, même dans son lit car l'été il est très souvent sec. Il n'y a pas de sentier, à chacun de choisir ce qui lui convient le mieux.
Vous rejoindrez la route forestière sous le chalet suisse Saint Hubert (bien qu'on soit encore en France). Remonter la piste de ski tout droit en direction des falaises, le but étant de se rendre au sommet des pistes, à l'arrivée du télésiège des Roches qui se trouve tout à fait à gauche de la falaise.
En y montant, ne pas manquer d'aller faire une pause au pied même des éboulis afin de baigner dans l'ambiance minérale et verticale de la falaise.


 

 

 

 

aération pour des galeries sous-jacentes, soit une bouche d'extraction pour du minerai qui aurait été descendu par le couloir. D'autres hypothèses ont également été formulées, par exemple un site d'observation car il a une position privilégiée par rapport au plateau suisse et à la route du col de Jougne. Des outils de l'âge de la pierre polie ont d'ailleurs été trouvés à proximité, sur les crêtes du Mont d'Or.

Continuer sur la gauche pour remonter les dernières pentes herbeuses et sortir sur le sentier sommital, à gauche du sommet du Mont d'Or où vous rejoindrez l'itinéraire précédent.

A.S.- Juin 2001

Vous remarquerez que les zones herbeuses des éboulis sont le signe évident de l'arrêt de l'érosion sur les falaises qui les dominent. Elles constituent un lieu de pâturages privilégié des nombreux chamois du Mont d'Or.
Le panorama s'élargit continuellement sur les sommets jurassiens, sur le plateau suisse, les lacs de Neuchâtel et Léman, et sur la chaîne des Alpes pour autant où la brume de beau temps ne les dissimule pas.

 

 

 

Extrait de quelques ouvrages mentionnant le Mont d'Or
Le Mont d'Or dans la littérature

 

C.P.A. LOYE
SOUVENIRS historiques suivis d'annales sur le village et la seigneurie de Rochejean, ancien bourg à château au pied du Mont d'Or

Imprimerie et Librairie de Laithier - 1835
... A l'Est de Rochejean se trouve, en grande partie située sur son territoire, la fameuse montagne du Mont d'Or qui termine au levant le plateau du Noirmont, fraction remarquable du Jura, entre la Suisse et la France. Dans la belle saison, cette montagne est chaque année le rendez-vous d'un grand nombre de curieux qui s'y rendent des deux pays pour jouir de la belle perspective qu'elle présente aux regards étonnés. Avant d'y arriver, on traverse, dans une étendue plus ou moins considérable, la vaste et délicieuse solitude du Noirmont, dont le silence majestueux n'est interrompu d'intervalle en intervalle, que par le mugissement des nombreux troupeaux qui paissent et bondissent en liberté sur la montagne, par le bruit harmonieux de leurs bruyantes clochettes, par le son grave de la voix du berger appelant au chalet les troupeaux dociles à sa voix, ou par les fidèles échos répétant ces bruits divers et les mariant ensemble.
Ajoutez à tout cela l'air parfumé qu'on respire en ces beaux lieux et qui vient de mille plantes rares dont les odeurs se mêlent et se confondent, la tiède fraîcheur de la brise qui se joue constamment entre les feuilles des multiples bosquets de hêtres ou de coudriers, et surtout un horizon superbe dont l'immensité s'accroît sans cesse à mesure que le voyageur opère son agréable ascension vers le sommet du Mont d'Or, et vous n'aurez encore qu'une faible idée de la délicieuse ivresse qui arrive à l'âme par toutes les fibres, organes de nos sensations. Le plaisir qu'elle goûte est d'autant plus vif qu'elle semble se dégager de son enveloppe. Toute autre pensée que celle que ces beaux lieux font naître s'évanouit; l'aiguillon des passions cesse de se faire sentir, une tranquillité, une paix intérieure, un calme inexprimable leur succèdent: on se croit heureux pour la première fois...

 

Roselyne MOREL
La rescapée de Métabief

Editions Raisons d'enfance - février 2000
... Même en haut du téléski, où souvent les nuages se déchirent pour laisser apparaître le sommet, on n'y voyait goutte. De là, après deux ou trois descentes sur ce site, ils longeraient la crête des falaises du Mont d'Or, puis ils glisseraient jusqu'au téléski des liaisons qui les ramènerait sur le versant de Métabief, via la fameuse Renversée. Pour l'instant elle essayait de voir où passait la piste. Ce n'était pas facile dans cette espèce de coton blanc qui les enserrait.
Par beau temps, ils auraient aperçu le moutonnement des forêts en direction du lac de Joux et du village de Rochejean. La falaise de Piquemiette formait une cassure abrupte au-delà de laquelle s'étirait la plaine suisse. Par temps clair, le Mont Blanc se dessinait tel un sommet royal entouré de pics altiers quoique moins imposants. L'irruption des nuages apportait parfois la confusion : voyait-on ou ne voyait-on pas les Alpes? Ces dernières semblaient jouer à cache-cache avec les masses cotonneuses qui, certains jours, les avalaient toutes et finissaient par leur ressembler...

 

 

 

Au sommet du télésiège, passer derrière l'enrochement de protection contre les avalanches et monter sous les premiers arbres, à droite du pierrier. Après un gros bloc, un vague sentier traverse les éboulis en diagonale vers la gauche et remonte le couloir. Quelques buissons et quelques aspérités rocheuses permettent de s'aider des bras pour arriver sous une petite grotte qui a donné son nom au sentier du four.Selon l'association 'Un passé Oublié' qui s'intéresse au passé minier de la région, il semble que ce " four " dans lequel on peut voir trois bouches circulaires, comblées de remblais, ait été soit une
JEAN-FRANCOIS NIVET
LE VOYAGE AU MONT D'OR

Editions SEQUENCES - Octobre 2006
... A Malbuisson, je trouverai un hôtel avec vue sur le lac. Tous les matins je regarderai se lever le soleil rouge et les chalets de Malpas émerger de la brume comme les steamers, jadis, dans les trouées d'Ecosse. J'écrirai mon Jura perdu, mon Jura rêvé. Puis je marcherai. J'essaierai d'approcher grèbes, courlis et colverts. Sur les pentes ombrées, je foulerai ce qui reste de neige dans un bruit de feuilles qu'on froisse. Je respirerai fort et je repenserai à nos concours de nez collés sur la route de Belvoye. Je monterai au Mont d'Or dans des naissances de gentianes. Je déjeunerai d'une omelette et d'une tarte aux myrtilles à la Boissaude. Puis nous repartirons. Le chien coursera les vaches. Je le laisserai me devancer au bord du précipice. Il aboiera au vide et au vent qui fait bouger les branches. La sueur me coulera du front. JE m'agenouillerai tout en haut et je boirai le Mont Blanc.

Marcel NICOLIN
Les Balanciers de la Vie - Editions Thélès - 3° trimestre 2006

... Comme aux Hôpitaux-Vieux, aux Hôpitaux-Neufs, et dans presque toutes les localités de la région, les routes sosnt sales, souillées par les vaches qui vont au communal. Métabief ne fait pas exception. Le sir, après la traite, un berger vient depuis l'extrémité du village en soufflant dans une corne de vache pour avertir les paysans qu'il est temps de lâche le bétail. On assiste alors à un spectacle particulier. Les vaches sortent une à une des écuries par les avant-couverts et viennent attendre sur la route. Le berger avance lentement en continuant son appel de la corne. Il attend les retardataires. Plus il avance, plus le troupeau augmente, bien sûr. Nous voyons alors ces grosses et grandes vaches osseuses aux sonnailles hétéroclites, toutes de la race des montbéliardes, musarder le long de la route, beusant et pissant tant et plus en attedant l'obligation de presser l'allure. A l'autre bout du village, elles s'engagent dans un chemin en pente en direction du Mont d'Or pour rejoindre leur pâturage, le communal. Après leur passage, l'état de la route a changé d'aspect; personne ne s'en offusque. Le lendemain matin de très bonne heure, elles rejoignent les écuries pour la traite...

 

 

Xavier MARMIER
En FRANCHE-COMTE - Histoires et paysages
Librairie Victor LECOFFRE - 1885
... Au-dessus des vertes vallées et des plateaux montgneux du canton de Pontarlier s'élèvent trois hautes sommités qui dominent au loin la contrée : le Mont d'Or, l'Aiguillon et le Suchet.
... Le soir, lorsque le ciel est revêtu d'un voile ténébreux, qu'on n'entrevoit aucune étoile et qu'on ne distingue aucune trace de chemin, les sacristains sonnent les cloches dans les villages pour guider les pas de celui qui, à cette heure périlleuse, erre enconre dans la campagne. Ah! c'est une triste chose que d'entendre le son de ces cloches vibrant au sein de la nuit, à travers les sifflements de la tempête et les rafales du vent! Ceux qui se trouvent alors à l'abri sous la vaste cheminée de bois se resserrent autour du foyer en se comptant pour voir s'ils sont bien tous réunis, et les mères de famille, en se mettant à genoux, ajoutent à leur prière ordinaire un pater et un ave pour les voyageurs égarés.
... Si cette saison d'hiver est effrayante à voir, elle offre aussi parfois d'admirables spectacles. Quand l'atmosphère s'éclaircit, quand les nuages se dispersent, il est beau de voir ces plaines de neige déroulées dans l'espace comme des nappes d'argent, ces lacs et ces rivières dont la glace miroite au soleil, et ces majestueuses forêts de sapins qui, sur leurs tiges gigantesques et sur leurs longs rameaux portent si fièrement le poids des frimas. Le ciel alors est d'un bleu limpide, l'horizon vaste et sans tache, et il y a dans l'air vif que l'on respire une action énergique qui fortifie les muscles et dilate le coeur.
... Et l'été vient, l'été dont on jouit avec tant de charme après l'avoir attendu si lontemps. L'hirondelle rase le sol du bout de l'aile et monte au bord des fenêtres où est placé son nid, que l'on regarde avec un sentiment d'hospitalité, que les enfants apprennent à respecter comme un heureux augure pour la prospérité de la maison.
...Le laboureur attelle gaiement ses chevaux à la charrue; le berger traverse le village avec sa corne rustique et conduit lestroupeaux au pâturage en chantant la vieille chanson de ses pères. Toute cette belle saison d'été éclôt en un instant comme une plante vigoureuse et présente pendant des mois entiers au pinceau de l'artiste, à la rêverie du poète, une splendeur étonnante, ou un tableau d'une douceur mélancolique sans égale. Il faut voir cette contrée quand le soleil couchant dore de ses derniers rayons la cime des montagnes, quand une ombre flottant çà et là, imprégnée encore de lueurs de pourpre, pénètre sous les majestueux arceaux des forêts de sapins, quand l'oiseau s'endort sous la feuillée en jetant dans les airs un dernier cri d'amour, que tout est calme et silencieux, et qu'on n'entend dans la vallée que les tintements lointains de l'Angélus: Oh! l'on éprouve alors je ne saurais dire quelle émotion profonde de religieux respect et de pieuse tristesse qui vous ravit le coeur et vous fait venir les larmes dans les yeux.

André BESSON
Mon pays comtois - 1999
... Aux Longevilles, on épilogue depuis des siècles pour savoir si le Mont d'Or doit véritablement son nom à d'anciens gisements aurifères. Comme bien souvent en pareil cas, une légende est à l'origine de cette controverse qui divise les érudits et les géologues locaux.
On prétend qu'au Moyen-Age, un berger de ce village, gardant son troupeau sur les flancs de la montagne, y aurait découvert un fabuleux filon au fond d'une grotte. A l'inverse des fables dans lesquelles on voit des châtelains prendre des bergères pour épouses, l'heureux garçon aurait eu l'idée saugrenue de proposer au sire de Joux, Amauri 1er, de se marier avec sa fille en échange d'une seille emplie de pépites d'or. Feignant d'accepter ce marché, le fourbe et cruel seigneur de La Cluse aurait laissé le berger apporter son trésor au château, puis, pour en savoir plus sur les origines du magot, aurait fait torturer l'imprudent et présomptueux manant. Celui-ci serait mort en emportant dans l'autre monde le secret de l'endroit où se trouvait la grotte. C'est pourquoi, depuis cette époque, de nombreux habitants de la région tentent de retrouver, à la belle saison, l'entrée de la caverne mystérieuse...

 

 

 

 

 

E. JOSSE
L'enfant du Mont d'Or

Editions Faivre-Vernay - 1925
... Claude connaissait le Mont d'Or. Gamin, avec un de ses cousins des Longevilles, il en escaladait les rampes à la recherche des morilles, et plus d'une fois il s'était oublié à poursuivre une portée de levrauts ou un coq de bruyère égrenant un champ d'amour. Si l'année était propice, il repartait au commencement de l'automne cueillir des noisettes ou des alises. Il faisait à chaque excursion des trouvailles qui l'émerveillaient. Il s'en allait d'ailleurs au gré des vents, attiré par l'imprévu. Il s'abouchait sur la baume de la combe à Baratou avec les fées qui habitaient ses profondeurs et il voulait déchiffrer leur langage.
Il passait des heures entières couché sur la corniche du signal, à explorer des yeux les roches abruptes et il emplissait sa tête d'observations. Il y apercevait des fleurs rares qui allumaient ses convoitises, des nichées d'oiseaux inconnus de lui qui logeaient dans des cavités minuscules bien repérées, ou des essaims d'abeilles, en rupture de ban, bourdonnant joyeux, enivrés de chaleur.
Il connaissait les mines d'argent de la Blonnay et son imagination, à les contempler, nageait dans l'opulence. La guette aux loups lui avait livré tous ses secrets, car plus d'une fois, dans la cabane, il avait assisté à une chasse...

 

 

 

 

 

LES AMIS DE L'ABBAYE DE MONT STE-MARIE ET DE SAINT-THEODULE - sous la direction de René LOCATELLI
L'abbaye de Mont Sainte-MArie et le Haut-Doubs Forestier - 800 ans d'histoire

Juillet 1999
... Une dernière action, qui se développe surtout à l'époque moderne et qui parachève la mise en place du peuplement s'amorce au XV° siècle: la conquête du Noirmont. Cette fois-ci l'entreprise revêt des formes originales car il ne s'agit plus exclusivement d'une oeuvre collective qui aboutit à la création de hameaux, mais aussi et surtout d'initiatives individuelles qui se traduisent par l'implantation d'un habitat dispersé ou intercalaire, avec les granges ou les chalets qui se disséminent sur les pentes du Mont d'Or...
... Mais au XV° siècle se met en place une politique moins libérale qui déclenche par la suite de nombreuses contestations et procès et qui caractérise le nouvel intérêt porté aux Joux. D'une part la relance économique consécutive à la guerre de Cent ans amène la reprise des défrichements, la découverte de minerai de fer sur les pentes du Mont d'Or introduit à Jougne et à Rochejean la métallurgie, grosse consommatrice de charbon de bois; d'autre part, la Réforme protestante incite les Suisses, en particulier les Bernois, à se montrer plus expansifs et à se lancer à leur tour dans la conquête des forêts en repoussant la frontière franco-suisse à la ligne de crête...

Henri SACCHI
L'Or des Suédois - 1998

... - Avaient' ils des chevaux ...?
- Très peu. Je n'ai compté qu'une demi-douzaine de cavaliers, mais peut-être y en avait' il d'autres cachés dans les bois ...
- Y avait' il un Lorrain parmi eux ?
- Je ne saurais vous dire ... je ne crois pas.
- As-tu la moindre idée de la direction qu' ils ont prise ?
- Pour sûr. Je sais même précisément où ils sont allés...
- Comment cela ?
- Ben oui. Après qu' ils nous aient fait descendre de la charrette, ils ont continué à nous rouer de coups, au point que la tête de mon gars saignait en abondance. Antoine est tombé en pâmoison et moi, terrorisé, j'ai fait le mort dans un fossé. Persuadés que nous étions occis, ils ont parlé sans se méfier de nous ...
- Et qu'ont' ils dit ?
- Ils se sont séparés en deux groupes. Le grand gaillard qui semblait commander a dit : "nous, on va au village chercher de quoi soigner LACUZON". Et puis il a ajouté : "on se retrouvera ce soir aux Fourgs, et de là on partira tous ensemble vers le Mont d'Or".
- Le Mont d'Or ... ? Tiens, tiens ..., commenta le vicomte. Cela signifie qu'ils cherchent à gagner les Cantons. Ainsi donc, à t'en croire, ce serait la bande à LACUZON. Et celui-ci serait malade ou blessé ... ?
- Cela m'en a tout l'air ...
- Bien ... bien ...
Charles du Bosc-Bellay eut alors un long conciliabule en allemand avec le colonel Rose. Pille-Muguet, qui connaissait quelques rudiments de cette langue, comprit que les deux hommes s'interrogeaient sur la sincérité de son récit. Discrètement, il essuya les gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Immobile à ses côtés, Antoine se tenait la tête entre les mains. Le vicomte revint vers le centre de la pièce...

 

 

 

 

 

 

 

Ardouin DUMAZET
Voyage en France - 1901

... Un instant, vers Les Hôpitaux-Vieux, les monts s'écartent en une petite plaine dans laquelle s'éparpillent les maisons et les chalets du Touillon. Ce seuil voit naître des ruisseaux allant au Rhône par le Doubs, au Rhin par l'Orbe.
Le versant rhénan apparaît tout-à-coup près des Hôpitaux-Neufs. Comme la descente est brusque sur le bassin de Vallorbe, les montagnes, d'apparence si modeste en France, prennent sur la frontière même un caractère de majesté. A l'issue du vallon de la Jougnenaz, le Mont d'Or du Jura se dresse en beaux escarpements. A mesure que l'on avance dans la gorge parcourue par la route et sous laquelle le chemin de fer s'est frayé un tunnel pour échapper aux neiges de l'hiver, ce caractère de grandeur s'affirme d'avantage; entre les puissantes murailles rocheuses dorées par le soleil s'ouvrent d'étroits vallons...
Edmond JANTET
Histoire de Jougne - 1902

...Il est peu de criminels dont le nom soit aussi connu que celui de Mandrin. Quand quelqu'un a dit : "Cartouche et Mandrin", il croit avoir nommé les deux plus grands malfaiteurs qui aient existé. Dieu nous garde de songer à réhabiliter l'un ou l'autre de ces personnages qui étaient certes de grands coupables et qui ont payé cher leurs méfaits. Nous devons toutefois faire connaître que Mandrin n'était qu'un audacieux contrebandier, chef d'une bande nombreuse et bien armée, qui bravait les agents du fisc et n'hésitait pas à engager le combat avec eux, qui ne reculait même pas devant les troupes régulières envoyées contre lui et s'empara de villes comme Beaune, Seurre et Autun pour y rançonner la ferme générale. S'il y avait une circonstance atténuante en sa faveur, c'était qu'il mettait sa vie en jeu et qu'il n'y avait rien de bas et d'abject en lui. Ce n'était ni un Tropmann ni un Lacenaire.
Mandrin a opéré souvent à Jougne ou aux environs, passant par le Mont d'Or avec ses cavaliers chargés de marchandises prohibées. Son audace lui avait attiré une renommé étonnante et ses luttes avec les agents des fermiers généraux étaient l'objet de toutes les conversations du soir, entre gens de la frontière assez indulgents aux contrebandiers.
Seulement le crime de contrebande était un crime ne méritant pas de pardon. Pour avoir introduit quelques livres de sel, le délinquant était condamné, pour la vie, à ramer sur les galères du roi. Qu'était-ce, quand il avait été comme Mandrin, l'auteur de la mort de nombreux douaniers et soldats. Mandrin, livré par les gardes du roi de Sardaigne, fut roué vif et s'il eut existé un supplice plus cruel, il ne lui eut pas été épargné...

 

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Alphonse de Lamartine